La Bâtie d’Urfé

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Proche du fleuve, c’est, géographiquement, le premier des châteaux de la Loire. Un domaine Renaissance unique en France. Murs blancs, galerie ouverte sur l’extérieur, un sphinx qui nous accueille au pied de la rampe d’accès, à l’origine réservée aux nobles à cheval, une grotte de rocaille, une chapelle bref, un château rempli de trésors et de secrets !
La famille d’Urfé est connue depuis le 12è siècle par la forteresse médiévale des Cornes d’Urfé, à Champoly (Voir un de mes articles paru le 29 mars 2016). L’histoire de la Bâtie débute au 16è siècle lorsque Claude d’Urfé transforme la maison médiévale de la plaine du Forez en un château de plaisance. Ayant fait de nombreux voyages, l’Italie l’inspirera pour l’architecture, l’aménagement et la décoration.
Au 18è siècle, la famille d’Urfé s’éteint et le château passe entre les mains de plusieurs propriétaire.
En 1909, la Diana, société historique et archéologique du Forez, rachète le bâtiment qui sera classé aux Monuments historiques en 1912. C’est le Département de la Loire qui a engagé des campagnes de restauration et en assure désormais la gestion depuis 2007.

Pour en savoir un peu plus sur   la Bâtie d’Urfé

       

À gauche le bâtiment qui accueille les visiteurs. À droite le jardin et sa clôture crénelée d’où dépasse le clocher de l’église de Montverdun…

 

     

La galerie

     

     

   

Le sphinx est une copie, l’original est conservé à l’intérieur dans une salle qui montre les étapes de la restauration du château.

Fenêtre de la chapelle et porte d’entrée de la grotte de rocaille.

De la cour, on aperçoit l’intérieur de la grotte de rocaille dont les baies sont obturées par des ferronneries d’époque.

Nous la visiterons de l’intérieur…

Mais faisons le tour de cette étonnante demeure ! Entrons…

   

    

   

C’est parce qu’une partie des bâtiments médiévaux se sont effondrés que l’on peut admirer le château ainsi. La cour était totalement fermée, l’entrée se faisait pas ce petit pont.

    

   

   

    

   

Jacques d’Urfé.

Salle où sont exposées les tapisseries relatant les épisodes du roman écrit par Honoré d’Urfé,  l’Astrée.

    

 

 

    

Panneaux de bois sculpté qui faisaient partie de la porte d’entrée de la chapelle, vestiges d’un ensemble de boiseries qui en décoraient l’intérieur.

Les autres panneaux ont été rachetés, après bien des péripéties, par le Metropolitan Museum of Art de New-York, où ils sont tous exposés !

Nous voici dans cette grotte de rocaille unique en France.

Construite au 16è siècle, ornée de décors mythologiques réalisés en galet, sables colorés, coquillages et perles dorées (à l’origine). Elle vient de bénéficier d’un an de restauration…

    

    

   

Référence à l’Ancien Testament.

Porte d’entrée de la chapelle, entre l’été et l’hiver.

La Chapelle

 

    

L’autel sur les trois faces visibles desquelles sont plaqués des bas-reliefs (presque haut-reliefs !) en marbre d’une délicatesse d’exécution inouïe !

   

Ce ne sont pas des personnages plaqués sur un décor, mais sculptés dans un même bloc de marbre !

Avant de quitter cet étonnant château, finissons la visite par le jardin, recréé d’après les documents anciens et les fouilles préalables.

La construction cubique sur la droite est un ancien bastion dont la toiture a été supprimée depuis fort longtemps.

On remarque la même construction à l’autre angle du château.

    

Un jardin contrasté :

Une grande partie aménagée en parterres géométriques (à la française) et une autre semblant laissée à l’abandon !

C’est qu’une surface importante du jardin est traitée écologiquement, laissant place à un mélange de fleurs et graminées attirant oiseaux et insectes pollinisateurs.

Ce fut une belle et riche découverte pour moi… Et vous ?

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Le prieuré de Montverdun

Nouvelle étape de ces pérégrinations foréziennes, le prieuré de Montverdun que l’on aperçoit de loin.

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Au sommet de l’une des buttes basaltiques de la plaine du Forez, il domine un territoire à l’occupation ancienne, du néolithique (-9000 / -3300) à la période gallo-romaine.
C’est au milieu du Moyen-âge que s’installe une communauté d’une vingtaine de moines dans un prieuré qui devient, au 13è siècle, l’une des filiales de la Chaise-Dieu, dans le comté du Forez.
Le prieuré a été fondé vers 1010. Créé dans un contexte tendu entre l’archevêque de Lyon, possesseur du territoire, et Guy II, comte de Lyon et du Forez, un accord est obtenu en 1173, attribuant la ville de Lyon et les terres attenantes à l’archevêque et le Forez au comte, faisant de Montbrison la capitale de cet état devenu indépendant.
Des chanoines de l’ordre de Saint-Augustin s’installent jusqu’en 1233, date à laquelle ils sont expulsés par 22 moines de la Chaise-Dieu, alors qu’ils étaient accusés de mener une vie dissolue.
Le comte de Forez installe sa garnison dans le prieuré fortifié afin de contrer les sires de Beaujeu.
Au 14è siècle, la vaste dépression économique et morale engendrée par la guerre de Cent Ans, amorce le déclin du prieuré et de l’ordre des bénédictins. En 1564, une transaction entre l’abbaye de la Chaise-Dieu et le prieur de Montverdun fait état du délabrement du prieuré et de la communauté. L’entretien des bâtiments et de l’église n’est plus assuré. On arrête d’y affecter des moines en 1640. Au début des années 1700, des travaux de restauration du site sont entrepris.
Au 19è siècle, les bâtiments sont utilisés comme remise agricole pendant la Révolution et école communale à partir de 1834. Le presbytère a brûlé en 1822. De nombreux bâtiments, comme la salle capitulaire, la sacristie et le réfectoire, sont démolis pour créer une cour de récréation et aussi vendre les pierres.
C’est en 1968 que commence la réfection du logis prieural et l’ensemble est classé aux Monuments Historiques en 1981.
Dans son roman pastoral “L’Astrée”, Honoré d’Urfé (1567-1625) avait imaginé le pic de Montverdun comme lieu d’oracles rendu par la druide Cléontine. Nous irons visiter son château dans le prochain article.

L’église date de la fin du 12è milieu du 13è siècle. Le mur sud, ci-dessus au premier plan, a été construit à la fin du Moyen-âge, agrandissant ainsi la nef dans sa largeur. Au 13è siècle, le clocher s’est effondré.

     

Au loin, ci-dessous juste à droite de la tour, on aperçoit la Bâtie d’Urfé, que nous visiterons ensuite.

    

La Galerie menant au logis du prieur.

Le cimetière

  

 

 

Une petite porte ouvrant sur le transept.

La nef est voûtée en berceau et précédée d’une avant-nef. Au début du 16è siècle, elle est pourvue d’une nouvelle voûte en ogives et un bas-côté est ajouté au sud pour faire face à une augmentation du nombre des fidèles.

 

            

Ci-dessous, clé de voûte aux armes de la famille Saint-Nectaire, que l’on voit aussi au dessus de la petite porte du transept.

D’autres blasons apparaissent sur les clés de voûte : celui des prieurs de Montverdun, Jean et Antoine de Langeac, ainsi que celui de la famille Clermont-Chaste.

   

La Châsse reliquaire de Saint Porcaire.

Le reliquaire est en argent et date de la fin du 18è siècle. Le buste contient un fragment du crâne et les deux prunelles des yeux du saint.

      

Statue en bois polychrome, dont il reste quelques rares traces, inspirée d’une œuvre de Coysevox, sculpteur de Louis XIV.

C’est sous le regard compatissant de l’humble Jean-Marie Vianney, le bon curé d’Ars, béatifié le 8 janvier 1905 (il est déclaré la même année, “patron des prêtres de France”. Canonisé en 1925 par Pie XI, il sera proclamé en 1929 “patron de tous les Curés de l’univers”), que nous quittons ce lieu riche d’Histoire et de croyance.

En route pour la Bâtie d’Urfé…

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Champdieu

Je continue mon périple forézien et nous nous arrêtons à Champdieu.

L’ancien hôpital.

Situé sur le piémont viticole des monts du Forez, Champdieu est un village fortifié bâti autour d’un prieuré fondé au XIè siècle.

C’est en accédant au village par la porte de Bise, du XIVè siècle, que nous découvrons les imposantes fortifications accolées aux murs du prieuré.

Des mâchicoulis sur contrefort avec un parapet percé d’ouvertures permettaient d’observer l’ennemi ou de déverser sur lui des projectiles. Système défensif complété par une tour d’angle. Un chemin de ronde faisait le tour de l’édifice. Les fortifications du prieuré et du village furent érigées lors de la guerre de Cent ans, 1337-1453, le Forez subissant des pillages réguliers.

Le prieuré a été fondé vers la fin du Xè siècle début XIè. Il se compose d’une église romane sur crypte et de bâtiments conventuels autour d’un cloître, conservés dans leur état de la fin du Moyen-âge. La salle capitulaire a été démolie au XIXè siècle.
L’église Saint-Sébastien   http://nominis.cef.fr/contenus/saint/470/Saint-Sebastien.html  et Saint-Domnin   http://nominis.cef.fr/contenus/saint/5704/Saint-Domnin.html 

Église prieurale certainement dès le XIè siècle, sa conception arbore la simplicité et la sobriété des églises romanes du Forez. Sa particularité est la présence de deux clochers. L’un, roman, surmonte la croisée du transept, l’autre, plus austère, surmonte le portail d’entrée.

    

 

 

Le réfectoire. Une fresque représentant la Cène, datant de la première moitié du XVè siècle, occupe toute la surface du mur au dessus de la cheminée. Le plafond est orné de lambris peints.

    

 

L’entrée principale est située au nord, elle est surmontée d’une niche abritant la statue de Saint-Benoît, dont la règle régissait la vie des moines.

      

Le porche couvert de lambris peints débouche dans le cloître, autour duquel s’organisent les bâtiments conventuels. Ils furent restaurés de 1450 à 1505 par Pierre de la Bâtie.

 

 

    

Quelques règles de vie !

 

    

L’église et son clocher roman vus de l’intérieur du cloître.

Entrons dans l’église…

 

      

Saint Isidore : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1129/Saint-Isidore-le-Laboureur.html

Une belle série de chapiteaux ornent les piliers.

    

 

 

        

  

 

 

      

Au dessus du narthex, une chapelle haute dédiée à Saint-Michel surplombe la nef.

 

     

La crypte, composée d’une abside et deux absidioles latérales, est scandée de colonnes et chapiteaux à motifs végétaux offrant un décor clair et d’une grande finesse. C’est un lieu de pèlerinage. Au centre de la crypte, sur un autel, une sculpture troublante représente la Vierge enfant, datant du XIXè siècle, qui fut l’objet d’un pèlerinage qui cessa à la seconde guerre mondiale.

                             

 

 

 

 

 

!

C’est ici que la visite s’achève, repartons pour une autre belle découverte…

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Saint-Laurent-Rochefort

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Saint-Laurent-Rochefort :
St Laurent Rochefort fait partie de la communauté de communes du Pays d’Astrée au coeur du Forez. Situé à l’est du Massif-Central ; le village est à quelques kilomètres de l’Auvergne et du parc Livradois-Forez.
Ce village s’appelait autrefois Saint-Laurent-en-Solore et formait une paroisse qui administrait L’Hôpital sous Rochefort et Débats Rivière d’Orpra. 
Dans cette commune, l’ancien village fortifié village de Rochefort, fortifié, situé sur un piton rocheux, surplombe le bourg d’un dénivelé de 170 mètres.
Vers 1650, c’est de Lestra, hameau de St Laurent Rochefort, qu’est parti Robert Paré, maître charpentier, né vers 1626, fils de Mathieu Paré, tisserand de Lestra (hameau de St Laurent Rochefort), et de Marie Joannet. Robert est parti vers 1650 en Nouvelle France et s’est marié à Québec.

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L’église St Laurent est mentionnée en 1225 dans les chartes du Forez. L’édifice roman primitif fut totalement reconstruit à la fin du 15ème siècle, exactement de 1470 à1496 (inscription gravée dans le premier pilier nord de la nef), le 12 mai 1496 selon quittance entre les luminiers (ceux qui ont en charge la paroisse) les paroissiens et le maître maçon Robin Dubost (auvergnat) «maître picqueur et tailleur de pierre», pour l’achèvement de la construction de l’église. L’église est un modèle de style « gothique forézien » : plan à une nef de deux travées avec une travée d’avant-nef surmontée d’un clocher carré coiffé d’un toit en pavillon et desservi par un escalier à vis demi-hors-œuvre placé dans une tour semi hexagonale, et une abside à pans.

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Elle ne semble pas avoir fait l’objet de travaux majeurs depuis le 16ème siècle mis à part la construction de la sacristie au sud et du petit local servant à la chaufferie au nord. Le porche en charpente qui précédait le portail occidental a été démoli dans les années 1850. La porte du portail occidental a été changée en 1986.

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Des « culs de lampe » étonnants !

La statue de ce monument dédié aux morts de la première guerre mondiale est impressionnante de réalité !

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Nous repartons sous la bienveillance de la Vierge que l’on aperçoit au sommet d’une colline surplombant le village…

En route pour Champdieu en passant par Boën, nous apercevons quelques châteaux- forts tels que celui de Couzan…

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Balades dans le Forez, première étape

Pointées en rose, les quelques lieux qui font l’objet des prochains articles, qui commencent par :

L’Hôpital sous Rochefort.

Fortifié en 1439, ce village comporte un ancien prieuré, dépendant de La Chaise-Dieu, datant des XIIè et XVè siècles.

L’église paroissiale est coiffée d’un clocher carré qui servit de tour de guet à la fin de la guerre de Cent Ans.

À l’intérieur on peut admirer une Vierge en bois polychrome du XVIIè siècle.

    

    

    

 

    

   

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Le château de Chareil-Cintrat (5)

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Dernière étape de ce petit périple bourbonnais, Chareil-Cintrat. Au pied d’une colline couverte de vignes, ce château était l’un des fiefs de la famille de Bourbon. C’est au milieu du XVIè siècle que Claude Morin, contrôleur ordinaire des guerres (il vérifiait que les soldes aux militaires étaient correctement versés), devint le propriétaire. Il fit construire un nouvel édifice contre l’enceinte du château médiéval dont il subsiste les tours. Lors de ces voyages en Italie, le nouveau style Renaissance ainsi que les vestiges antiques lui inspirèrent les décors peint à fresque que nous pouvons encore admirer de nos jours. Les guerres de religion, au cours desquelles les protestants l’on assiéger, n’ont pas causé de dommage, les thèmes évoqués tout au long des escaliers et des différentes salles n’ayant rien de religieux. Le château eut ensuite plusieurs propriétaires jusqu’aux aciéries Schneider, qui ne l’occupèrent jamais.

Classé aux Monuments Historiques en 1958, après plusieurs décennies d’abandon,  d’importants travaux de restauration ont été entrepris et ont permis de redécouvrir les décors qui avaient été recouverts d’enduit. Il a ouvert ses portes aux visiteurs au mois de juin dernier…

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En bas à droite, ce qu’il reste de la petite chapelle, une partie de la nef s’est effondrée.  Adossé au mur a été construit un « caquetoire », espace couvert, souvent en forme d’auvent.

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Entrons dans la cour…

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Pénétrons à l’intérieur. Ma surprise est grande en découvrant cette richesse et l’originalité des décors !

Le vestibule : 

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La salle de réception et sa cheminée sculptée et peinte : 

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L’inscription en latin  signifie : Honneur, courage et gloire.

L’escalier menant au 1er étage :

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Les personnages évoquent les thèmes de la mythologie romaine. Claude Morin a fait de son habitation un hommage culturel, lier le plaisir et le savoir.

Nous arrivons ici au premier étage où les décors sont les plus complets. Il s’agit de l’étage noble.

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Décor de la pièce située dans la tour d’angle nord, la légende d’Adonis, tiré des « Métamorphoses » d’Ovide.

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Une seconde scène, sur le manteau de la cheminée, évoque le repos d’Adonis dans les bras de Vénus

Dans la chambre nord, suite de l’histoire d’Adonis, sa mort, tué par Mars métamorphosé en sanglier, auprès de Vénus.

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Dans la chambre sud, une cheminée avec une inscription en latin signifiant :

Ne donne pas gloire à nous, Seigneur, pas à nous mais à Ton nom.

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Cette chambre nous mène à la tour sud. La voûte de la salle est dédiée à l’astrologie. Chaque figure représente une planète et sa divinité.

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Au centre, le soleil, Apollon.

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Sur le manteau de la cheminée, Mars et Vénus accompagnés de Cupidon.

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Et au dessus de la porte, une fresque nous montre deux scènes d’intérieur 

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La pièce à vivre où le lit est assez large pour dormir à plusieurs et la toilette des femmes.

Montons au niveau des combles, l’escalier est lui aussi chargé de décors.

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À droite, il s’agirait, peut-être, des portraits des propriétaires ?

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Restaurée récemment, la charpente conserve des poutres d’origine datées de 1548 à 1552.

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La visite et le périple bourbonnais de ce jour d’août s’achèvent ici ! D’autres lieux m’attendent, à suivre…!

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Églises en Bourbonnais (4)

Bellenaves : Église Saint-Martin

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Très abîmé, le tympan représente la Cène et le Lavement des pieds, sous la mandorle dans laquelle est représenté le Christ bénissant entouré de deux anges.

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Face à l’église, une belle demeure privée mais où l’on peut accéder par l’entrée sur le parc. Le vestibule est lui aussi accessible.

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Chantelle :

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Histoire de Chantelle:
L’antique Cantilia a une origine celte et, en raison de son emplacement où plusieurs routes se croisaient pour traverser la Bouble, elle constituait déjà une agglomération importante avant la conquête romaine. La grande voie de Brest à Clermont/Marseille y croisait diverses routes secondaires. Il semble que l’armée de Vercingétorix ait détruit la ville au moment de la guerre contre Jules César, mais la ville se reconstitua pendant la paix romaine. Sidoine Apollinaire (vers 430-488), évêque de Clermont, s’arrêta à Chantelle, ce dont il fit mention dans une lettre à Vectius (ami de Germanicus).
Après la victoire de Clovis (465-511) sur les Wisigoths en 507 près de Vouillé, succédant à une phase troublée par les invasions, l’Auvergne fut intégrée dans le royaume franc, puis pacifiée par Thierry Ier, son fils. 
En 761, Pépin le Bref (714-768) prit d’assaut les forteresses de Bourbon et Chantelle.
Après cette période, vers 1050, la ville changea de site et s’installa sur le site actuel, un relief isolé, camp retranché de création ancienne rappelant les oppida gaulois. Un donjon carré prit la place de la motte fossoyée. Chantelle prit alors rang parmi les places fortes appartenant à la famille de Bourbon, comme Bourbon-Larchambault, Montluçon, Moulins, Belleperche, Murat. Dès le XIIIè siècle, Chantelle était le siège d’une châtellenie, administrée par un capitaine châtelain, et, au XIVè siècle, le duc Louis II de Bourbon (mort en 1410), entreprenant une défense en règle de son duché, consolida les fortifications de nombre de ses possessions, dont le château de Chantelle. La correspondance de la duchesse Anne de Beaujeu (1460-1522), fille du roi Louis XI (1423-1461-1483) et sœur aînée du roi Charles VIII (1470-1483-1498), montre qu’elle y installa souvent sa résidence, de nombreuses lettres ayant été écrites depuis ce château. Sa fille Suzanne (1491-1520) y accomplit elle aussi plusieurs séjours avec son mari, le connétable Charles de Montpensier (1490-1527).
En 1523, celui-ci — ayant choisi, à la suite de sombres épisodes dus, semble-t-il, à la jalousie de Louise de Savoie, de mettre son épée au service de Charles-Quint (1500-1558) au détriment de François Ier (1494-1515-1547) — quitta le Bourbonnais, et une légende non vérifiable relate qu’il partit du château de Chantelle en ayant fait ferrer son cheval à l’envers. Il mourut lors du sac de Rome en 1527. Après la confiscation, en 1531, des biens du connétable par François Ier, le château entra, en même temps que le reste de la province du Bourbonnais, dans les domaines de la Couronne. La description que donne Nicolas de Nicolay en 1569, rédigée à la demande de Catherine de Médicis (1519-1589), suggère une puissante forteresse de 240 mètres de long sur 110 mètres de large. Dans la tour Saint-Pierre existait un atelier à fondre et faire de l’artillerie, et les arbalètes de Chantelle étaient des plus renommées. De nombreux souterrains secrets pouvaient assurer une sortie discrète, que le connétable aurait utilisée pour sa fuite. Ce n’est qu’en 1638, sur ordre du cardinal de Richelieu (1585-1641), que le château fut en grande partie démoli, même si quelques fragments des murs d’enceinte dominant la vallée de la Bouble perdurent encore.
Par chance, l’église et le monastère voisins ne subirent pas le même sort et témoignent toujours du passé médiéval de la petite ville. Le vocable de l’église, Saint-Vincent, pourrait témoigner de l’ancienneté de l’implantation. En 937, Airald et son épouse Rothilde firent donation du site de Chantelle aux chanoines augustins de la ville d’Évaux -les-Bains, dans le département de la Creuse. Cette date marque le début de la vie monastique à Chantelle. Les chanoines demeurèrent dans leur maison conventuelle jusqu’à la Révolution. Les revenus du doyen de leur chapitre ayant été attribués au collège des Jésuites de Moulins à la fin du XVIIè siècle, quelques travaux furent entrepris, notamment la façade de l’église, qui resta néanmoins inachevée.
En 1793, la commune, précédemment dénommée Chantelle-le-Château, adopte le nom révolutionnaire de Chantelle.
En 1794, les bâtiments monastiques furent vendus comme biens nationaux et utilisés comme grange.
En 1853, une communauté de sœurs bénédictines, venue de Pradines, fut envoyée à Chantelle pour la réfection du site et l’édification d’une communauté religieuse.
En 1891, le monastère fut élevé au rang d’abbaye.

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Abbaye Saint-Vincent :
Édifice romano-auvergnat de l’ancien prieuré des chanoines. Le caractère forteresse du monastère est nettement perceptible par l’aspect abrupt de certaines parties de l’édifice et la présence de plusieurs tours, reliées par un mur d’enceinte, qui confèrent à l’ensemble une silhouette médiévale.
Les origines de l’abbaye remontent à 937. L’acte de donation de cette année-là fait mention de la présence, déjà à cette époque, d’une église dédiée au martyr Saint-Vincent. Un texte écrit par Sidoine Apollinaire atteste d’une présence chrétienne à Chantelle ­ sans doute l’une des toutes premières dans le Bourbonnais ­ dès le Vè siècle.
Le cloître date du XVè siècle. L’église est un édifice qui se rattache par de nombreux points au style roman auvergnat. La tour du Colombier, sur le rempart tout proche, ajoute encore au pittoresque de l’ensemble. Le travail des Bénédictines de Chantelle, par lequel elles assurent leur subsistance et s’efforcent d’aider les moins favorisés, consiste, depuis plus de quarante-cinq ans, en la fabrication et la commercialisation de produits de soins, toilette et senteurs qui portent leur nom…

Mais hélas! de tout cela nous ne verrons qu’une partie de l’intérieur de la nef, le chœur étant inaccessible. Et le reste des bâtiments, d’ailleurs partiellement en travaux côté cour, on ne peut le visiter qu’un mardi après-midi par semaine et lors de la journée du patrimoine… Déçu je suis !!!

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Nous quittons donc un peu dépités ce haut-lieu historique et religieux que j’étais impatient de visiter… Mais nous allons découvrir en fin de journée et du périple prévu  un château qui nous offrit quelques belles surprises !

À suivre…

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